Brora et Port Ellen, faire taire le silence

Historique. Le groupe Diagéo vient d’annoncer en début de semaine la réouverture de deux distilleries emblématiques de son portefeuille, Brora et Port Ellen. L’affaire fait grand bruit dans les cercles d’amateurs, les réseaux sociaux piaillent , la presse écossaise bourdonnent, suscitant commentaires et réactions plus ou moins mesurées.

Rappelons les faits. Nous sommes en 1983, l’Ecosse fait face à une pénurie de la demande. Les décennies précédentes ont vu une surproduction abondantes crées un « Whisky Loch ». Malgré l’intérêt des jus, la reprise ne se fera pas, les propriétaires décident de stopper la production, tel fût le cas pour Brora et Port Ellen en 1983. Si les alambics restèrent silencieux, les embouteillages continuèrent de susciter l’intérêt. Les embouteillages des deux distilleries montent régulièrement dans les tours, sur les plateformes de spéculations. Pourquoi tant de passion ? Parce que ce sont deux superbes expressions, symboles de ce qui se fît de mieux dans le registre de la tourbe. Leur destin respectif appartient désormais au mythe, sorte de figures martyres d’une époque ou seul le blend comptait.

Après 34 années de silence, c’est donc une part de l’histoire qui reprend vie. Le communiqué de Diagéo insiste sur la qualité des jus qui seront produits « …avec une attention minutieuse sur les détails, permettant de reproduire des régimes de distillations et le caractère original des distilleries… »

L’investissement est conséquent puisque 35 Millions de Livres Sterling ont été mis sur la table. Capable de produire jusqu’à 800 000 litres d’alcool pures, les deux unités apparaissent cependant comme « modestes » sur le territoire écossais.

Les projecteurs se sont donc rallumés sur deux mythes. L’annonce a pris de cours le monde du malt. Peut être une manière subtile pour Diageo, de remettre l’Ecosse au coeur de l’industrie mondiale du whisky.

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