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A la tête de la Distillerie de la Tour, Pierre Naud porte un regard aiguisé sur le Made In France et revient pour Whisky Magazine, sur le succès de l’une des distilleries pionnières de la Spirit Valley.

La Distillerie de la Tour fait parler d’elle ces derniers temps, pouvez vous nous présenter son activité, ses marques…?

La Distillerie de la Tour a été fondée à Pons (Charente-Maritime) en 1989 par mon père, Jean-Michel, œnologue de formation et ancien Maître de Chai. Il produisait liqueurs, spiritueux et autres crèmes. Au milieu des années 1990, la région est frappée de plein fouet par la crise asiatique. A cette époque, innover s’est avéré nécessaire pour maintenir nos activités. Cela est passé notamment par les distillations d’eau-de-vie de vin sur colonnes et d’alcool extra neutre sur colonnes à rectifier, faisant de la Distillerie la Tour la première distillerie de vodka des Charentes. Nous accompagnons ainsi plusieurs maisons dans l’élaboration de leurs spiritueux, toutes catégories confondues (cognac, brandies, vodka, gin, liqueurs…).

« La diversification fait partie de notre ADN. »

Parlez nous de votre gamme Naud ?

En 2016, avec mon père, nous avons eu l’idée de mettre en lumière notre savoir-faire familial de distillateurs. Quoi de mieux que de mettre en bouteilles la quintessence de nos productions. Nous avons pour cela créé l’entité « Famille NAUD », entièrement dédiée à la production de nos spiritueux embouteillés. Nous révélons une gamme composée de cognac, pot still vodka, distilled gin, rhum et spiced rum. Un ONVI s’est rajouté : la marque « Monteru ». C’est une production confidentielle de brandies mono-cépage très haut de gamme, 100% Made in Charentes.

L’une des catégories en pleine essor actuellement est le whisky de France, quel regard portez-vous sur ce phénomène ?

Aujourd’hui, il est apprécié sur le territoire national, mais j’espère qu’il trouvera à s’exporter comme ont su le faire les japonais et les taïwanais. Si la qualité est au rendez-vous, il n’y a pas de raison que cela ne se fasse pas. Si à ce jour la majorité des whisky français sont commercialisés dans leur jeunesse, attendons encore quelques années pour voir arriver les premiers vieux single malts et véritablement nous comparer.

A l’international, comment selon vous le « Made in France » fait-il la différence ?

Le « Made in France » me semble toujours aussi bien perçu à l’international, il renvoie au consommateur une image parfois « carte postale » mais surtout empreinte de raffinement et de tradition. Toutefois, cette étiquette ne suffit plus d’autant qu’il est aussi fortement concurrencé par le « consommer local ». D’après-moi, c’est la notion de terroir, de transmission du savoir-faire et la recherche perpétuelle du travail bien fait garantiront le succès auprès des nouvelles générations de consommateurs.

Selon vous, quel impact la crise du Covid a eu sur l’industrie des spiritueux ?

Un impact structurel, c’est certain. Je vois l’écart se creuser entre les craft-distilleries et les marques bien établies et financièrement fortes. Face à la crise, celles qui en ont les moyens ont investi en communication pour continuer de capter l’attention de leurs clients ou ont su être agressives en terme de prix sur les circuits online qui ont été pris d’assaut par les consommateurs. Dans ce paysage confus, j’aperçois toutefois de l’espoir avec des consommateurs de plus en plus sensibles à leurs actes d’achat et au sens qu’ils leur donnent. Cela ne peut être que de bon augure pour les producteurs locaux ayant à cœur de produire des spiritueux de qualité.

 

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