La quatrième vente solidaire organisée par Fine Spirits Auction au profit de la Fondation GoodPlanet conjugue excellence artisanale et engagement environnemental. Yann Arthus-Bertrand revient sur cette initiative généreuse qui, à travers des flacons rares, permet de financer des projets très concrets.

« Si on n’a pas ça, on n’a pas de fondation », tranche Yann Arthus-Bertrand. En quelques mots, le photographe et militant écologiste rappelle l’importance vitale du mécénat pour la Fondation GoodPlanet, qu’il a créée en 2005. Depuis quatre ans, les ventes aux enchères solidaires menées par Fine Spirits Auction permettent à cette structure d’agir sur le terrain, en France et à l’international. « On fait avec ce qu’on reçoit. Et grâce à ces ventes, on a pu aider des centaines de milliers de personnes. Franchement, j’ai été moi-même étonné de tout ce qu’on a pu faire avec ça. »

La dernière édition, organisée du 27 septembre au 3 octobre 2025 pendant le Whisky Live Paris, a une nouvelle fois tenu ses promesses. Près de 160 000 euros ont été récoltés grâce à une vingtaine de lots d’exception — rhums rares, embouteillages uniques, formats hors normes — offerts par des distilleries et maisons de négoce de renom. L’intégralité des bénéfices est reversée à la Fondation GoodPlanet pour soutenir deux projets précis : un programme d’agroforesterie en Amazonie équatorienne, et un accompagnement des femmes ostréicultrices dans les mangroves du Sénégal .

« Aujourd’hui, on parle moins du changement climatique, mais plus de comment aider les populations locales à mieux vivre », constate Yann Arthus-Bertrand. Le projet mené en Équateur, dans la région amazonienne de Tena, s’attaque à la déforestation et accompagne les communautés kichwas vers des pratiques agricoles durables. « On les aide à revenir à des systèmes agroforestiers intégrés, à retrouver des gestes ancestraux, et à diversifier leurs activités avec de la cannelle, des huiles essentielles ou encore de l’apiculture. »

Au Sénégal, l’enjeu est autant social qu’écologique. « C’est très dangereux de cultiver des coquillages dans les mangroves, souligne une collaboratrice de la fondation. On équipe les femmes, on met en place des parcs de culture maîtrisés, on les aide aussi à trouver des débouchés pour vendre localement. » Des actions rendues possibles grâce aux fonds de la vente, qui financent généralement une année de fonctionnement de deux projets.

Parmi les lots mis aux enchères, celui signé par Yann Arthus-Bertrand lui-même a marqué les esprits. Offert par Vallein Tercinier, le « Lot 39 » réunissait un magnum de cognac Bons Bois de 67 ans, issu du célèbre “Petit Paradis” de la maison, et un tirage photographique original (80 x 120 cm) représentant les parcs à moules près de l’Île d’Oléron. « On m’a montré la photo sur l’étiquette, j’ai dit oui tout de suite », raconte-t-il. « Ce genre d’initiative, c’est une façon de lier l’agréable à l’utile. C’est aussi une forme de générosité, de conscience. Dire : grâce à ce qu’on gagne, on peut aider un peu les autres. »

L’opération repose sur une logique de confiance et d’agilité. « On propose des projets à financer, et les partenaires ajustent les montants selon les besoins », explique l’équipe de GoodPlanet. La fondation ne met pas en œuvre les projets elle-même, mais accompagne des ONG locales dans leur structuration, leur capacité à planifier, suivre et obtenir des financements européens. « C’est un travail de fond, sur plusieurs années, avec des impacts très concrets. »

Dans un monde où les aides publiques se raréfient — « USAID a tout arrêté, la première ONG française a dû licencier 50 % de son personnel », rappelle Arthus-Bertrand — ces initiatives prennent une valeur stratégique. Et pour les acteurs du monde des spiritueux, elles sont aussi l’occasion d’exprimer un engagement sincère. « Ce sont des bouteilles d’exception, offertes par des gens qui ont une vraie envie de contribuer. Même si ça ne rapporte rien directement, ils sont fiers d’en faire partie. »

Le succès de cette quatrième édition confirme la pertinence du format. Il montre aussi qu’un public exigeant, passionné de spiritueux, peut répondre présent dès lors que la cause est claire, les actions concrètes et l’objet mis en vente exceptionnel. « Franchement, je suis épaté. Je ne pensais pas que ce salon avait une telle ampleur, confie Arthus-Bertrand après avoir découvert le Whisky Live. Les gens se donnent du mal, les bouteilles sont incroyables, et l’ambiance est très belle. C’est plutôt une bonne surprise. »

www.finespiritsauction.com

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