Dites voir, ça fait longtemps qu’on ne s’est pas envoyé une séance de dégustation ensemble. Allez, je me dévoue. En vrac: du nouveau, du moins récent en rattrapage, et du ça arrive en avant-première. C’est parti!

Torabhaig – Taigh

Il arrive, il arrive: le premier embouteillage permanent de la petite distillerie de Skye. Si on le compare au précédents chapitres, c’est une esquisse plus gourmande de la tourbe qui nous est livrée ici, vieillie en fûts de bourbon first fill enrichis d’un peu de barriques de madère. Rond, sweet, fruits secs et flan vanille épicés. Bien ficelé, pour une initiation en douceur à la fumée.
Single malt, 70 cl, 46%, environ 60€.

Domaines des Hautes Glaces – XO #4

Sorti en début d’année, ce 4e opus du XO made in Trièves, qui assemble quelques-unes des plus vieilles cuvées du domaine, se révèle végétal et céréalier en diable, mâtiné de notes torréfiées au premier nez, sur la fève de cacao en s’aérant. Mais il vrille franchement sur le chocolat noir en bouche, enrobé de confiture de figue, de pâte d’amande, de fève tonka. Très long en bec, un poil tannique. On connaît les contraintes du magnifique projet des Hautes-Glaces, mais à ce prix-là il faut avoir l’achat militant – et ça se défend.
Single malt, 50 cl, 47%, 190€.

Nikka – Frontier

Un nouveau Nikka, c’est toujours un événement. Et la maison japonaise apporte une nouvelle fois la preuve de son incomparable savoir-faire pour façonner des blends. A l’olfaction, il exhale d’abord le malt (qui entre à 51% dans sa composition, avec en vedette Yoichi), puis en embuscade le fruit se pose sur le chêne amorti sur une pointe de fumée de bois.

Le palais, onctueux à souhait, propose les fruits exotiques, la mangue séchée, le malt sucré et les épices en rafale sur une trame à peine fumée. Très réussi, avec un voltage adapté aux highballs de caractère et un positionnement prix qui ne nous laisse pas sur les jantes.
Blend, 50 cl, 48%, 24,90€.

Version Française – Silvae 19

On l’attend vers la mi-avril, ce nouveau VF sous-titré en 4 langues de bois. Il s’agit d’un Armorik passé par un protocole que n’auraient pas renié les Shadoks. Distillé en 2019, il a d’abord mûri 44 mois en ex-barils de bourbon avant d’être splité en 4 fûts de différentes essences de chêne neuf – blanc américain, mizunara japonais, pédonculé français et sessile breton – pour 31 mois de plus.

Les barriques sortent de 4 tonnelleries différentes, avec des grains, des séchages, des chauffes et des tailles variées, et l’assemblage les fait intervenir dans diverses proportions – je vous épargne le descriptif complet, la fiche technique fait 12 pages. Il n’empêche: les geeks tenteront de mettre la main dessus, car l’étude d’impact jointe est passionnante. Mais allons à l’essentiel: c’est bon!

Au nez, la pomme candy et un bouquet de fleurs séchées trempouillent dans la crème de coco vanillée. En bouche, les fruits frais cinglés d’épices prennent le relai, structurés de bois de santal, poudrés de noix de coco râpée et de vanille. Finale über longue, boisée et épicée. Une réjouissante balade en forêt.
Single malt, 70 cl, 46%, 59,90€.

Orcines – Lochindaal 2007

La tuerie sortie de nulle part! Un Bruichladdich plein pot sur la tourbe… et oublié (17 ans) dans un fût de Château Climens. Les narines se dilatent en frétillant sous la cendre froide, la résine, le cuir, le café et le camphre. En bouche, la bête est sirupeuse et huileuse, les notes vineuses se font manger par la tourbe avec les zestes d’orange, l’espresso caressé d’eucalyptus. L’embouteilleur indépendant lyonnais nous régale avec ce tourbé old school et clivant comme on les aime, que le sauternes marque davantage au nez qu’au palais.
Single malt (single cask), 70 cl, 51%, 369€.

Ardnahoe – Infinite Loch

Sur ce coup, je suis franchement à la bourre, puisque ce petit Islay est arrivé en France il y a exactement un an. Oups. J’avais adoré l’Inaugural Release, et la suite ne déçoit pas. Le nez vous allume un feu de camp sur la plage, avec les brochettes de fruits et le bacon croustillant. La tourbe fine vous laque le palais, à peine iodée, légèrement mentholée, et se dépose sur le fruit exotique vanillé avant une finale poivre et sel. Interminable en bouche.
Single malt,70 cl, 50%, 85€.

Les feux de la Saint Jean – Le Champ des Possibles bouteille inaugurale

Voici enfin le premier single malt intégralement élaboré à la distillerie Les Feux de la Saint-Jean. Un fût unique (487 bouteilles pour commencer). Elaboré à partir d’une petite orge ardéchoise locale bio, la Joyau, fermenté six jours à partir d’un levain maison, distillé d’abord en charentais de 25 hl chauffé à feu de bois puis dans un vieil alambic ambulant, mûri en fûts de chêne français puis affiné un peu moins d’un an en barriques de châtaignier.

A l’arrivée, un loupiot ultra malté, torréfié, qui envoie de la miche rustique épicée dans les narines. En bouche, il s’adoucit de miel sur une texture grasse, et s’échappe en prenant tout son temps sur le chêne épicé. Cœurs avec la langue.
Single malt, 70 cl, 51%, environ 80€.

Wemyss – Velvet Fig

L’emblématique blended malt de Wemyss a fait son retour fin janvier, en version 12 ans. Toujours sherry-sherry, sur les baies sauvages bien mûres, la feuille de figuier, le chocolat au lait poudré de cannelle. En bouche, le chocolat se fond sur la compote de figues aux gingembre et les fruits secs, préludes à une finale explosive d’épices et tendant sur l’amertume.
Blended malt, 70 cl, 46%, 67€.

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