Né de l’amitié entre Ian Somerhalder et Paul Wesley, les deux Bro’s de la série The Vampire Diaries, Brother’s Bond entre dans le portefeuille de TAG et de La Maison du Whisky avec trois références : le Straight Bourbon, l’American Rye et le Bottled-in-Bond 7 ans. À l’approche du Whisky Live Paris, le cofondateur de Brother’s Bond revient sur ses mash bills à quatre céréales, sa méthode d’assemblage, son engagement pour l’agriculture régénératrice et ses racines françaises.
Il s’excuse du désordre : il vient d’emménager. Derrière lui, des centaines de flacons d’échantillons, tous catalogués, prélevés dans les fûts de la marque. Ian Somerhalder les goûte un par un. Depuis qu’il a arrêté de jouer, il y a près de sept ans, c’est devenu son métier. Il est aujourd’hui le blender de Brother’s Bond, un bourbon distillé à Lawrenceburg, dans l’Indiana, et qui arrive maintenant en France.
Brother’s Bond est née de votre amitié avec Paul Wesley. À quel moment avez-vous décidé de vous lancer ?
L’idée remonte au tournage de The Vampire Diaries. La série a compté 172 épisodes, et 1,2 milliard de personnes l’ont vue, ce qui reste fou. Dès la deuxième saison, vers 2010, Paul et moi incarnions ces deux frères qui étaient le cœur de l’histoire. Mon personnage, Damon, buvait du whiskey à sept heures du matin comme à sept heures du soir. On s’est dit : ces types boivent énormément de whiskey, imagine si Damon et Stefan avaient le leur ! Sauf que j’avais 31 ans, Paul 27, et c’était impossible à l’époque.
Paul est d’origine polonaise ; le polonais est sa langue maternelle. Il a grandi sur la côte Est, plutôt avec des spiritueux blancs. Moi, je viens de La Nouvelle-Orléans. Comme on tournait dans le Sud, il s’est mis aux spiritueux bruns, surtout au bourbon, et il a découvert l’immense univers du whiskey américain. À l’écran, les deux frères se retrouvaient autour d’un bourbon. En dehors, Paul et moi aussi. C’était notre tissu conjonctif.
Le divertissement nous a appris une chose : l’expérience partagée crée des liens, et ces liens sont essentiels. Même dans la nature, tout ce qu’on voit tient par des liaisons, chimiques ou électriques. Brother’s Bond devait jouer le même rôle. D’où l’envie de partir d’un whiskey assez délicieux pour créer ces moments de partage.
La marque insiste sur l’assemblage en petits lots et la sélection manuelle des fûts. Qu’est-ce qui distingue votre approche ?
Avec Tess et Vincent, on travaille ensemble depuis le premier jour, avant même que la société ait des statuts. C’était en 2018. On a construit l’entreprise sur deux piliers : d’abord une accessibilité immédiate, puis de la complexité, de l’équilibre et de la nuance.
La qualité passait avant tout, sans compromis, y compris sur le vieillissement : quatre ans minimum. Beaucoup mettent en bouteille des whiskeys très jeunes. On ne voulait pas. Dans le vin comme dans le whiskey, il ne devrait pas falloir être connaisseur pour trouver quelque chose bon. Je cherchais l’équilibre, comme n’importe quel chef étoilé. D’où une recette à quatre céréales plutôt que trois, et un travail d’assemblage obsessionnel, presque insatiable, pour que chaque céréale s’exprime quand le whiskey passe en bouche, mais en harmonie avec les autres. Ce n’est évidemment pas le plus facile.
Je dis tout ça en toute humilité, parce qu’il est un peu étrange d’en être arrivé là. La télévision a été un tremplin. J’ai quitté le métier d’acteur il y a près de sept ans pour faire du whiskey, avec l’ambition d’en faire l’un des meilleurs du monde. Aujourd’hui, le Bottled-in-Bond est classé parmi les cinq meilleurs whiskeys du monde et le Cask Strength parmi les dix meilleurs. Et le Straight a été salué l’an dernier comme l’un des meilleurs whiskeys à 80 proof de 2025, par des critiques très exigeants et à l’aveugle.
Venir du divertissement vous obligeait-il à prouver votre légitimité technique ?
Le whiskey n’a rien à voir avec les spiritueux blancs. Il demande énormément de capitaux, c’en est même effrayant. Et je sortais d’un grave revers financier. J’avais investi une grande partie de ce que m’avait rapporté The Vampire Diaries dans des entreprises, et l’une d’elles a très mal tourné. C’est public aujourd’hui : j’ai dû vendre des tableaux, des maisons, des montres, des voitures. Tout s’est évaporé dans les trente jours qui ont suivi la création de la société.
Il fallait donc investir pour remplir des fûts en espérant que, quatre ans plus tard, le whiskey soit bon. On parie sur un profil aromatique, on doit se fier à son instinct. Je me souviens de Tess qui me rassurait : « Ian, ça va aller, cette distillerie fait ça depuis 150 ans. » Mais tout compte : la fermentation, la levure…
J’ai appris toute cette nuance. Deux tonnelleries peuvent suivre le même procédé, avec le même bois, et donner des goûts différents. Les recettes et les céréales réagissent différemment selon la tonnellerie et selon la position dans le chai : à tel étage, près de l’eau, avec plus d’humidité, des étés plus chauds ou des hivers plus froids. Après des milliers de fûts dégustés, je sais que notre rye est meilleur dans un chai précis, avec une tonnellerie précise, et en général quand il a été distillé à la fin de l’automne, en octobre. Une grande partie du Bottled-in-Bond vient d’un seul étage d’un seul chai, d’une seule tonnellerie et d’une seule recette. Neuf fois sur dix, il a été distillé en janvier ou en février. Ce jeune distillat a subi des températures très basses et s’est contracté avec le fût. Puis, au printemps et pendant le premier été, le fût s’est dilaté et le distillat a commencé à en tirer ses arômes. C’est de la science et de la nature. Je n’ai jamais rien connu d’aussi difficile, ni d’aussi beau et gratifiant.
La gamme s’est élargie avec l’Original Cask Strength, l’American Rye, le Bottled-in-Bond et le Regenerative Grain. Comment l’avez-vous construite avec Paul ?
Paul et moi avons assemblé le premier whiskey dans ma cuisine, pendant un an. La recette principale, celle du Straight et du Cask Strength, est la recette à quatre céréales sur laquelle l’entreprise s’est bâtie. On revient aux deux mêmes principes. Il fallait que tout le monde puisse l’apprécier, mon père de 86 ans comme ma mère de 75 ans, ou une femme de 25 ans de la génération Z dans un bar à cocktails chic à Paris ou à Londres. Mais il fallait aussi assez de complexité pour que le plus snob des amateurs de bourbon barbus, moi le premier, se dise : attends, c’est vraiment un spiritueux bien construit.
Au début, on a entendu : c’est une marque de célébrités, un coup pour l’argent, et en plus à 80 proof. Je rappelle gentiment que je suis fondateur, et que s’il y a quelqu’un qui ne voit jamais la couleur de l’argent, c’est moi. La preuve est venue quand on a sorti la même recette brute de fût : elle est devenue l’un des whiskeys les mieux notés au monde.
Quand on a arrêté cette recette, Vincent Hannah nous a dit : « Ce n’est pas seulement un profil aromatique, c’est une plateforme. » Chaque nouvelle expression devait porter une part de cet ADN, comme dans une famille. Notre rye partage un ADN proche de celui du Straight et du Cask Strength. On aurait très bien pu faire un rye à 51 % tout juste réglementaire. Mais Tess et moi aimons le rye, et on voulait un whiskey pour les prescripteurs, les bartenders, les mixologues, les chefs et les connaisseurs, que le néophyte puisse aussi découvrir en se disant : c’est incroyable.
On savait aussi qu’on avait une communauté très forte de femmes millennials, qui aiment partager l’histoire des deux frères et veulent, elles aussi, créer du lien. Il fallait leur donner autre chose que le bourbon de leur grand-père. Dans l’univers des spiritueux, 80 proof est un degré parfaitement normal : c’est celui du scotch, de la tequila, du whiskey irlandais, du whisky japonais, du gin ou de la vodka. Sur le marché américain, les gens en veulent plus. Mais on a vu un changement de génération : des femmes de 30 ans achetaient une bouteille de bourbon pour la boire à Noël avec leur père. Que ce père soit un avocat d’affaires redoutable ou un bûcheron, il partageait un whiskey avec sa fille ou son fils de 25 ou 30 ans, avec des souvenirs à la clé. C’est tout ce qu’on voulait.
Parlons de l’American Rye. Il assemble trois recettes de bourbon et une recette de straight rye, sans alcool neutre. Pourquoi ce choix ?
J’avais une peur bleue en le sortant. Le rye est une petite catégorie, face à des acteurs qui en produisent depuis 150 ans. La barre est haute. On est revenus à ce qu’on disait sept ans plus tôt avec Vincent, Tess et Paul : notre ADN peut changer la façon dont on perçoit le whiskey américain et le bourbon. Les céréales de ce rye rappellent notre recette principale, mais avec 77 % de seigle. C’est donc un vrai rye. On y trouve un peu de poivre blanc et de gingembre râpé, mais aussi de la menthe fraîche, une touche de céréale grillée, un peu d’érable. Et au nez, un pétale de rose, à l’endroit où la fleur rejoint la tige. Avec quelques gouttes d’eau ou un glaçon, il s’épanouit.
Ce qui m’a toujours inspiré, c’est Rémy Martin XO. Mon père et moi buvions beaucoup de bourbon ensemble, du Johnnie Walker Blue aussi, et beaucoup de Rémy. À Sun Valley, je passais mes journées sur les pistes ou à faire des pizzas dans notre pizzeria : bourbon le jour, Rémy le soir. Ce XO a un bouquet floral qu’aucun autre produit de sa catégorie ne possède, et je me suis toujours demandé comment ils y parvenaient. Comme je profile nos fûts depuis qu’ils sont tout jeunes et que je connais mon stock, on a pu cataloguer et retrouver ces notes. Le premier lot, le J43, était plus poivré et plus floral. Le suivant avait plus d’épices de gingembre et plus de menthe.
Ce rye est devenu le whiskey de tous les jours de beaucoup de gens, et le favori des bartenders. Je vais être franc : en Europe, il a obtenu des notes remarquables, aux États-Unis un peu moins. Des juges m’ont dit l’adorer, mais m’ont expliqué que ce n’était pas un rye traditionnel. C’est vrai. Sur l’étiquette, on lit « American Blended Rye Whiskey », pas « Straight Rye Whiskey ». Ça me va, parce que les gens peuvent boire notre rye. C’est cet assemblage que nous visions.
Le Bottled-in-Bond 7 ans est particulièrement bien accueilli par les professionnels. Qu’a-t-il de singulier ?
Beaucoup de gens ne connaissent pas le Bottled-in-Bond Act de 1897. À la fin du XIXe siècle, le whiskey était le produit le plus contrefait des États-Unis. Des gens tombaient malades, devenaient aveugles, mouraient. Le gouvernement fédéral a réagi avec l’une des premières lois de protection du consommateur du pays. Elle impose une seule saison de distillation, une seule distillerie, 100 proof, un vieillissement d’au moins quatre ans dans un entrepôt sous douane fédérale. Le nôtre a sept ans, trois de plus que le minimum. Brother’s Bond et Bottled-in-Bond, c’est ce qu’on attendait. Sept ans, c’est long à attendre.
La recette compte 51 % de maïs et 49 % de seigle, dont 10 % de seigle malté. Le seigle malté, j’en suis obsédé. Il apporte un profil unique, une forme de douceur liée au processus enzymatique. Mais c’est un procédé collant, coûteux, franchement pénible, et personne n’a envie de le faire. Pour l’arôme, le goût, la finale, la texture, il donne quelque chose de très luxueux.
Ce whiskey vient d’un seul étage d’un seul chai, situé au bord de la rivière, avec des étés extrêmement humides et une forte dilatation des fûts. La part des anges est énorme : certains fûts sont presque vides quand on les ouvre. Mais ça ajoute de la nuance, un peu comme ces vieux rhums jamaïcains ou caribéens qui perdent 60 % dans le fût. On pense moins aux marges qu’à l’amplitude aromatique.
Il a changé le cours de l’histoire de l’entreprise. Quand Forbes a compilé les grandes dégustations internationales et l’a classé parmi les cinq meilleurs whiskeys du monde, j’avais les larmes aux yeux. Le Cask Strength nous avait déjà apporté trois doubles médailles d’or d’affilée à San Francisco, une première pour une marque de moins de cinq ans. Avec le Bottled-in-Bond, on a gagné un respect qui ne partira plus.
Mon travail, c’est de garantir sa constance. Quand vous achetez un Johnnie Walker Blue ou un Macallan 21 ou 25 ans, vous attendez un goût bien précis. Chaque fût qui est vidé passe par la petite table de mon bureau, et j’en fais un profil sensoriel complet. Je sais que tel fût ira avec tel autre. On faisait des assemblages de 70 fûts. Pour le Bottled-in-Bond, Tess et moi descendons parfois à 25 ou 35 fûts. Ça coûte cher de faire tourner la ligne d’embouteillage pour une si petite série, mais c’est de là que vient la constance. Pour préparer les prochains lots, je viens de profiler plus de 800 fûts. Même en crachant, mon foie m’a demandé une pause de soixante jours. Mais on sait qu’on a ce qu’il faut pour la suite.
La durabilité et l’agriculture régénératrice occupent une large place dans votre discours. Était-ce un pilier dès l’origine ?
Je travaillais déjà sur les questions environnementales avant le whiskey. J’ai eu la chance de faire un film, Kiss the Ground, qui est resté longtemps sur Netflix et a touché un milliard de personnes. Il a fait bouger l’agriculture aux États-Unis : le responsable de l’USDA, le ministère de l’Agriculture, l’a vu et l’a montré au président, et on a obtenu 20 milliards de dollars du gouvernement fédéral pour la régénération des sols, avec le soutien des conservateurs comme des progressistes. Une partie du film a été tournée à Paris, pendant la COP21.
Le mot « durable » est crédible, il signifie faire un peu plus avec moins. Mais ça ne suffira pas. Pour rééquilibrer le climat, il faut régénérer les sols : ne pas seulement rendre les choses durables, mais meilleures. La différence avec la plupart des marques, c’est qu’on ne s’est pas contentés d’en parler, on l’a fait. Nos statuts prévoient de reverser de l’argent prélevé directement sur le chiffre d’affaires brut, sans comptabilité créative. Un jour, au Texas, un type avec une grosse chique dans la bouche et des bottes de cowboy faites main à 10 000 dollars m’a dit, en substance : « Vous étiez une toute petite boîte, et d’un coup vous signiez des chèques à six chiffres pour l’agriculture régénératrice. Pas mal, les gars. » Ça a changé la perception de ce qui était possible. Avec un second film, Common Ground, on est arrivés à environ 100 millions d’acres de terres agricoles américaines passés de l’agriculture conventionnelle au régénératif, soit environ 10 % des surfaces cultivées du pays.
C’est cette dimension régénératrice qui fera de Brother’s Bond une marque patrimoniale pour 150 ans. On n’arrêtera jamais d’innover, et ce ne sera jamais le bourbon d’un vieux monsieur à barbe grise, ce que je suis en train de devenir. Johnnie Walker a son Blue Label ; nous avons le nôtre.
La cuvée Regenerative Grain concrétise-t-elle cette ambition ?
Il y a sept ou huit ans, ça me perturbait de devoir attendre quatre, cinq ou six ans que le whiskey arrive à maturité. J’ai demandé comment un whiskey de trois ans pouvait avoir le goût d’un whiskey de cinq ou six ans. On s’est lancés dans l’innovation sur les fûts. En Caroline du Nord, un génie, Pete Barger, m’a appris qu’on pouvait faire interagir un distillat beaucoup plus vite avec le bois, naturellement. Il faut partir du distillat le plus propre possible, si pur qu’on ne paie pas les péchés d’une distillation rapide et sale, pensée pour le profit. Avec un distillat aussi pur, il faut moins de char. Ces fûts régénératifs ont une chauffe propriétaire : ils sont bousinés et moins charbonnés, et le distillat interagit tout de suite avec le bois. Aujourd’hui, je peux assembler un whiskey de quatre ans qui a le goût d’un six ans. On aurait pu le mettre en bouteille à trois ans sans que personne ne s’en aperçoive.
Apprendre toute cette science aussi vite, c’était boire à la lance à incendie. J’avais quitté un métier lucratif, j’avais un tout petit bébé, j’avais dû expliquer à ma femme que j’abandonnais ce qui faisait vivre notre famille, même si elle réussit très bien de son côté. Je restais parfois jusqu’à deux, trois ou quatre heures du matin à assembler et à apprendre, en sachant que mon bébé allait se réveiller en hurlant deux heures plus tard. Mais on a terminé les films, on a terminé le whiskey, et le régénératif commence à faire réagir. Les gens se disent : c’est possible, et même probable, c’est là que va l’industrie. Un old fashioned ou un programme de highballs régénératifs, avec des agrumes bio issus de l’agriculture régénératrice, c’est délicieux.
Brother’s Bond rejoint le portefeuille de TAG et de La Maison du Whisky. Pourquoi ce partenaire ?
C’est la crème de la crème, ceux qui rendent le whisky possible en France. Ils sont au plus haut niveau de passion, de savoir-faire et de compréhension du whisky comme des gens. Ils travaillent l’expérience client, côté vente mais aussi côté expérience, et c’est toute cette nuance qui rend ce partenariat spécial. Soyons honnêtes : il n’est pas facile d’être associé à ce groupe, ça n’arrive pas tous les jours.
La France a un palais incroyable pour le whisky. Partout dans le monde, j’ai vu que les cultures du vin aiment aussi le whisky. Les amateurs de vin et de whisky se ressemblent, parce qu’il s’agit de produits très riches, des sortes d’expériences scientifiques menées à partir de ressources naturelles exceptionnelles : le raisin, le seigle, le maïs, l’orge, le blé. Quand les gens goûteront ces whiskeys, je pense qu’ils changeront un peu leur perception du whiskey américain. C’est un marché très sophistiqué. Je connais les gens et les lieux, mais pas le marché. Nous avions besoin de leur expertise.
Qu’attendez-vous concrètement de TAG pour développer la marque ?
On vit un moment particulier. Il y a une guerre, une crise climatique sur laquelle personne ne s’accorde, des médias partout et des gens très déconnectés. L’expérience va devenir la vraie valeur. La vente accompagnée, le fait de présenter le produit ensemble, fera la différence. Ils ont le pouls de la culture de consommation en France, un pouls qui bat chaque jour, chaque saison, chaque année, et je veux en faire partie.
Je connais l’histoire et la culture françaises, mais pas en ce qui concerne ma propre marque, ni la façon dont je peux m’y intégrer et créer une expérience authentique pour les Français, chez eux. Certains des plus grands prescripteurs du monde sont en France : les plus grands chefs, les plus grands mixologues. La France se définit par la qualité et la sophistication. Nous sommes une entreprise qui place la qualité en premier, et nous arrivons dans une culture qui fait de même. Nous avons une opportunité formidable d’avancer main dans la main avec eux et de les écouter. Nous avons besoin de leurs conseils.
Vous évoquez souvent votre attachement à la France. D’où vient-il ?
C’est ma culture. La famille de ma grand-mère venait de Normandie, des pêcheurs, et aussi de Bretagne. Celle de mon grand-père était parisienne. Je viens de La Nouvelle-Orléans, j’ai grandi en Louisiane, et ma grand-mère n’a pas parlé anglais avant presque 30 ans. Elle m’a parlé français pendant mes trois premières années.
Plus tard, j’ai été mannequin à Paris. Je n’étais pas l’un de ces grands mannequins : je mesure 1,78 m. Mais je n’avais pas peur de l’objectif, j’aimais raconter des histoires, et c’est pour ça que les marques m’engageaient. À 16 ans, j’étais l’un des visages de Versace. J’ai travaillé en Italie et en Espagne, mais surtout en France. Au milieu et à la fin des années 1990, grâce aux créateurs et aux décideurs avec qui je travaillais, j’ai découvert les grands chefs, sur les côtes comme dans l’intérieur du pays. La France a façonné une grande partie de la personne que je suis devenue. Revenir, c’est un peu rentrer à la maison. J’ai hâte de déguster ce 100 proof dans un petit café de Normandie ou de Bretagne, là où ma famille vit depuis les années 1300.
BROTHER’S BOND STRAIGHT BOURBON WHISKEY Mash bill : 65 % maïs, 22 % seigle, 13 % blé et orge. Vieilli au moins 4 ans en fûts de chêne neuf. 40 % vol. (80 proof).
BROTHER’S BOND AMERICAN RYE WHISKEY Mash bill : 77 % seigle, 16 % maïs, 7 % blé et orge. Vieilli au moins 4 ans. Non filtré à froid. 47,5 % vol. (95 proof).
BROTHER’S BOND BOTTLED-IN-BOND 7 YEARS OLD Mash bill : 51 % maïs, 39 % seigle, 10 % seigle malté. Vieilli 7 ans. Non filtré à froid. 50 % vol. (100 proof).



