Le récent Whisky Live Paris a, comme toujours, tenu toutes ses promesses en termes de contenu. Comme chaque année, le grand raout des spiritueux a rassemblé les plus beaux embouteillages du moment. L’un des temps forts de cette édition s’est déroulé lors d’une cérémonie de dégustation orchestrée le samedi du salon. Pour l’occasion, La Maison du Whisky a dévoilé sa collection Artist, entièrement consacrée aux whiskies japonais de chez Nikka. Un événement qui scelle vingt-cinq ans de partenariat entre les deux maisons. Une sélection de huit embouteillages inaugurée pour l’occasion et subtilement illustrée par un photographe de renommée internationale, le Japonais Yoshiki Hase.
Créée en 2011, la collection Artist explorait jusqu’ici la diversité des grands terroirs écossais. Elle inaugure ici un chapitre inédit : pour la première fois, les distilleries de Yoichi et Miyagikyo sont réunies au sein d’une même collection. Huit fûts, et huit fûts seulement, ont été retenus, choisis à l’aveugle parmi une trentaine d’échantillons dégustés peu avant le Whisky Live Paris 2025, en présence de Hiromi Ozaki, alors Chief Blender de Nikka, qui a depuis passé le relais à Junji Iseki. Deux single casks distillés en 1986, les plus anciens jamais dévoilés par ces distilleries, confèrent à l’édition une rareté toute particulière.
Écho poétique au travail de la maturation
Côté étiquettes, La Maison du Whisky a fait appel au photographe japonais Yoshiki Hase. Né à Kawasaki, Hase construit à la main, au cœur de paysages naturels, des installations éphémères qu’il immortalise en photographie, un travail primé et exposé dans le monde entier (New York, Paris, Tokyo, Bangkok, Amsterdam…).
Dans sa série DESSIN, l’artiste érige à la main, au cœur de paysages naturels, des formes géométriques éphémères qu’il photographie en longue exposition. Ses installations, créées directement sur les sites de Yoichi et Miyagikyo, fonctionnent comme une métaphore du temps qui passe, un écho poétique au lent travail de maturation du whisky. Chaque photographie des huit embouteillages est une création originale, capturée sur place : hommage aux forêts de Miyagi pour les unes, à la côte hivernale d’Hokkaidō pour les autres.
Deux distilleries, deux tempéraments
Yoichi, née du feu et de la brise marine : c’est là que Masataka Taketsuru, père fondateur du whisky japonais, établit sa première distillerie en 1934. Ses alambics chauffés à feu nu au charbon donnent un distillat dense, huileux, empreint de tourbe saline.
Miyagikyo, née en 1969 de l’eau et des vallées verdoyantes de la préfecture de Miyagi, en est le contrepoint absolu : distillation lente à la vapeur, cols de cygne, et un single malt onctueux, floral et intensément fruité.
Yoichi 2015 — 10 ans « Généreux, concentré, croquant » – 63,1 %, 471 btl., 380 €
Riche et profond : tourbe omniprésente, huileuse, saline, iodée, médicinale, champêtre, racinaire, animale et incandescente. Un Yoichi qui évoque un grand single malt d’Islay et incarne à merveille la chauffe à feu nu de la distillerie.
Yoichi 2005 — 20 ans « Tourbées, chocolatées, florales et cendrées » — fût de chêne mizunara neuf, 59,1 %, 297 btl., 3 500 €
Ample et élégant : tourbe, chocolat noir, agrumes, charbon de bois. Un entrelacs de séquences fruitées d’un équilibre remarquable — un Yoichi éblouissant de maturité et de sensibilité.
Yoichi 1991 — 35 ans « Le plus ancien Yoichi jamais embouteillé, tout simplement époustouflant » — fût de sherry, 65,4 %, 144 btl., 7 500 €
Riche et étoffé : empyreumatique, goudronné, gourmand, bois précieux. Couleur acajou foncé aux reflets verdâtres, caractère baroque jusqu’au-boutiste mais d’exceptionnelle fraîcheur.
Yoichi 1986 — 40 ans « Une plénitude rare » – 58,9 %, 39 btl., 18 900 €
Complexe et profond : tourbé, iodé, fumé, fruité, médicinal — jusqu’à l’image inoubliable d’un verre vide d’où s’élèvent des senteurs de terre mouillée après un orage d’été.
Miyagikyo 2015 — plus de 10 ans « Minéral, solaire » — puncheon, 55,3 %, 507 btl., 380 €
Frais et suave : vanille, fruits blancs et exotiques, épices nobles, agrumes. Verdoyant et abondamment fruité, gagnant sans cesse en concentration et en élégance. Le Miyagikyo qui donne le la.
Miyagikyo 2010 — 15 ans « Un rancio de très grande classe » — fût de porto, 58,8 %, 204 btl., 890 €
Ample et noble : floral, exotique, rancio, pain d’épices. Des berges des rivières Nikkawa et Hirose jusqu’aux rives du Douro, porté par des tonalités chocolatées, exotiques et épicées.
Miyagikyo 2000 — 25 ans — fût de sherry, 60 %, 425 btl., 2 900 €
Riche et étoffé : tourbé, médicinal, épicé, exotique. Terrestre, empyreumatique, presque animal, parsemé d’oasis acidulés de fraîcheur — un Miyagikyo sous un jour inhabituel, qui avance à grands pas à la rencontre de Yoichi.
Miyagikyo 1986 — 40 ans « Un whisky d’anthologie » — puncheon de chêne neuf américain, 58,9 %, 174 btl., 9 900 €
Riche et épanoui : médicamenteux, oxydatif, chocolaté, capiteux. Puissant, complexe et pourtant plein de vitalité, explorant des contrées médicinales, torréfiées, fermentaires d’une pureté d’expression rare.




