Fondée en 1926 par un Norvégien tombé amoureux du Cognac, la Maison Larsen célèbre son centenaire en réaffirmant ce qui l’a toujours distinguée : un style fruité, sans ostentation, à contre-courant des codes dominants de la catégorie.
Il y a quelque chose de cohérent, presque têtu, dans la trajectoire de Larsen. Cent ans après que Jens Reidar Larsen, jeune homme du Nord venu chercher on ne sait quoi en Charente, s’est établi dans la région – y trouvant à la fois une terre et une épouse -, la maison qu’il a fondée en 1926 entre dans son deuxième siècle sans renier grand-chose. C’est même là l’essentiel du message : pas de rupture, pas de réinvention forcée, mais une identité clarifiée, portée par cent ans de certitude.
Dans un univers du cognac longtemps structuré autour du prestige affiché et des codes de la démonstration, Larsen a très tôt choisi une autre voie. Moins de pompe, plus de fruit. La signature aromatique de la maison — abricot, poire, fruits confits, épices douces — s’est construite autour d’une intention technique précise : une double distillation sur lies fines pour préserver l’expression fruitée, des eaux-de-vie soigneusement sélectionnées, un vieillissement en chêne sessile de la forêt de Tronçais. Chaque choix vise la même chose : laisser le fruit parler, sans l’écraser sous le bois ou la puissance. Depuis 2013, c’est David Croizet qui conduit ces assemblages. Un travail de continuité autant que d’affinage, fidèle à une signature qui, selon la maison, ne ressemble à aucune autre dans la catégorie.
La philosophie revendiquée par Larsen pour son centenaire s’appelle Smooth Sailing — et ce n’est pas, insiste la maison, un simple slogan. C’est une façon d’être héritée du fondateur lui-même : cet homme du Nord qui a traversé les obstacles avec méthode et sans éclat. Avancer avec intention, naviguer avec élégance, sans jamais chercher à impressionner. Une posture qui se retrouve dans le style des cognacs : des eaux-de-vie qui n’intimident pas, qui invitent à la dégustation sans pression, et qui marquent par leur équilibre et leur longueur en bouche plutôt que par l’effet immédiat.
Présent sur les bouteilles depuis les années 1930, le drakkar — emblème discret mais persistant de la maison — revient au premier plan dans la nouvelle identité visuelle. Le rouge historique reprend sa place centrale. Les étiquettes s’épurent. La mention Depuis 1926 France est désormais gravée sur la base de chaque bouteille. Rien qui ne réinvente Larsen, mais tout ce qui le révèle plus franchement. Un centenaire qui ressemble à la maison : sans fanfare, mais avec cap.



