Né d’une vision mêlant distillation et savoir-vin, Sorgin Yellow Gin explore les saveurs d’un gin élevé en barriques de grands vins blancs. Derrière ce projet, Sabine et François Lurton, viticulteurs bordelais, bousculent les codes du genre pour ouvrir une nouvelle voie, entre fraîcheur aromatique, complexité boisée et sophistication d’un spiritueux de dégustation.

Tout chez Sorgin commence par une idée simple et audacieuse : et si le gin pouvait s’écrire avec le langage du vin ? En 2017, Sabine et François Lurton, figures du vignoble bordelais, délaissent momentanément la vigne pour s’aventurer sur le terrain des spiritueux. Mais sans renier leur culture : leur gin s’appuie non pas sur une base de céréales, comme le veut la tradition, mais sur une eau-de-vie de vin, distillée avec du genièvre et enrichie d’un distillat de Sauvignon Blanc. Une singularité qui place d’emblée Sorgin dans une autre catégorie.

Le profil aromatique s’en ressent : fruité, floral, tendu, avec une fraîcheur qui évoque davantage un vin blanc vif qu’un London Dry traditionnel. Ce choix fondateur fait de Sorgin un gin de terroir, autant qu’un gin d’auteur.

Un an après cette première mouture, les Lurton franchissent une étape supplémentaire en appliquant à leur gin les techniques d’élevage chères aux grands vins. Sorgin Yellow Gin est ainsi vieilli six mois en fûts de chêne ayant contenu des Sauvignons de Pessac-Léognan ou des Graves. L’influence boisée transforme profondément le spiritueux sans le trahir : les arômes de vanille, de fruits secs, d’épices douces et de genièvre se mêlent à une structure en bouche plus ample, presque vineuse.

Dans la foulée, la maison lance une série baptisée Yellow Sorgin Special Edition, qui pousse encore plus loin le principe d’élevage différencié. Chaque cuvée, entre 320 et 640 bouteilles numérotées, est affinée dans un fût unique sélectionné pour son empreinte organoleptique.

Trois éditions racontent cette exploration :

  • Rueda (Espagne) : une barrique de Verdejo donne naissance à un gin intensément fruité, aux notes d’ananas, de nectarine et de douceur lactée.
  • Nizas (Languedoc) : ici, la Syrah imprime au distillat des nuances de violette, de butterscotch et de fruits noirs, avec une finale évoquant le caramel au beurre salé.
  • Pelissero (Piémont) : issue d’un fût de Barbaresco, cette version offre un registre plus sombre, boisé, balsamique, aux accents de café, raisins secs et sous-bois.

Avec Sorgin Yellow Gin, Sabine et François Lurton signent l’un des rares exemples de gin français ayant su construire une identité forte à partir d’une approche œnologique. Ni pastiche britannique, ni gadget aromatique, leur création revendique un ancrage territorial et une technique de vinificateur, pour proposer un gin de maturité. Le succès rencontré à l’international – dont les récompenses, bien que notables, ne sont qu’un reflet – témoigne de la pertinence d’un projet où le vin n’est pas qu’un ingrédient, mais une matrice.

Sorgin Yellow Gin – 70 cl – autour de 42 % vol. (selon les éditions)
PVC : 58,90 € pour l’édition classique / 65 € pour les éditions spéciales
Botaniques : genièvre, zestes d’agrumes, violette, genêt, bourgeon de cassis
Profil aromatique : genièvre, coing, litchi, fruits secs, vanille, réglisse, armoise

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