Grand calme à l’horizon. Une chose est sûre avec la crise: on ne croule pas sous les nouveautés, la plupart des marques préférant jouer la prudence. Autant dire que la pêche aux infos s’est révélée un peu plus ardue que d’hab (c’est le moment où vous faites semblant de me plaindre)… mais néanmoins féconde. Jugez-en par vous-mêmes.
Une fois n’est pas coutume, c’est à LMDW que mes filets ont ramassé les gros poissons. Le distributeur présentera officiellement ses nouvelles sorties le 13 avril lors de l’événement La Maison, mais j’ai réussi à glaner quelques avant-premières.
L’événement majeur, c’est l’arrivée de la gamme officielle de TORMORE sous l’ère Sukhinder Singh (lire son interview fleuve ici et ici). Trois single malts la composent: un Timeless sans compte d’âge, un 12 ans (46%, élevage ex-bourbon et chêne blanc toasté lesté d’un soupçon de fûts de sherry, moins de 60€) et un 16 ans qui bien sûr n’aura rien à voir avec celui qu’avait lancé Pernod Ricard. Le boss sera présent à La Maison pour une masterclass: entraînez-vous à jouer des coudes un verre tulipe à la main.
On attend un BENROMACH édition spéciale Unpeated 12 ans sherry embouteillé spécialement pour LMDW – sachant que les 70 ans de La Maison se fêteront au Whisky Live Paris (vous êtes cordialement invités à la party) avec moult séries limitées. #Teasing
Chez ARRAN, le 14 ans fait son grand come-back. Il avait disparu en raison d’un trou dans les stocks, et n’avait pu être relancé sous la « nouvelle » (plus si nouvelle) identité visuelle. Vieilli en anciens fûts de bourbon et de palo cortado, enflaconné à 46%, dans les 85€. La distillerie de Lochranza se fend également d’un 30 ans anniversaire livré en coffret bois et carafe embossée (829€).
Restons sur l’île d’Arran, direction la distillerie sœur qui fait souffler la fumée: LAGG présente un Manzanilla Sherry Finish en small batch qui décape (57,6%, un peu plus de 60€). Oh yeah. Cap à l’ouest: JURA vient de lancer en France un 12 ans Sherry Cask Oloroso à 46% (moins de 50€), premier volume d’une future gamme affinée en fûts de xérès, dont le 15 ans est attendu à la rentrée.
Déjà sorti également, mais on n’a pas eu le temps d’en parler, un KILCHOMAN élevage intégral en fût de maury, avec une tourbe camphrée inhabituelle chez la distillerie d’Islay.
On lâche l’Ecosse en saluant les ancêtres: pour fêter son bicentenaire, OLD PULTENEY claque les décennies avec un 30 ans et un 50 ans nichés « dans des packs extraordinaires », me dit-on.
Passons chez William Grant: le moulin à rumeurs du Speyside murmure que le BALVENIE French Oak s’apprête à disparaître (faites des stocks). Il serait remplacé à partir de la fin de l’année par un 18 ans Doublewood…
Je vous ai déjà parlé du TORABHAIG Taigh la semaine dernière, ainsi que du NIKKAFrontier. Attardons-nous sur les japonais puisqu’un MIYAGIKYO 10 ans (45%) vient de rejoindre son faux jumeau de Yoichi. Glissement progressif vers les comptes d’âge. On l’avait quitté il y a un bail, il nous revient dans un assemblage retravaillé par le master blender Junji Iseki, à un prix douloureux pour les yeux et plus encore pour la CB (149€). Mais alors, quel nirvana pour les sens! Le plus beau cas de résurrection documenté depuis quelque 2000 ans (et encore, celui-ci manquait de preuves).
La grande nouveauté venue d’Asie, c’est l’arrivée en France de KI ONE, le premier single malt coréen, annoncée pour mai. La distillerie au nom de K-pop aligne 3 expressions: Eagle, le tourbé Unicorn (tous les deux à 43%, environ 80€) et Tiger (46%, 90€).
Rapide traversée de l’Atlantique: WHISTLEPIG, dont la distribution en France vient d’être confiée à IQ Spirits, s’apprête à exporter chez nous son rye de 6 ans. Quand? En septembre. Get ready.
MGP, le plus important distillateur à façon des Etats-Unis, annonce mettre à l’arrêt 2 distilleries au Kentucky, celles de Limestone Branch et de Lux Row, pendant au moins un an – les opérations continuant dans sa plus importante usine, à Lawrenceburg (Indiana).
Du whisky français pour passer la ligne d’arrivée (d’autres ici)? On aura le temps d’en reparler, mais sachez que le charentais ARLETT se dotera à la rentrée d’une version Kentucky qui tire furieusement sur le bourbon. Et que **roulements de tambour*** NINKASI sortira en septembre LAB16, son premier 10 ans d’âge, comme son nom ne l’indique pas.
Un peu de rhum? OK, mais parce que c’est vous. La divine surprise, c’est la sortie d’un Neisson vieilli qui ne vous oblige pas à choisir entre vendre le rein gauche ou swapper le rein droit. Pas de rein? Pas de rhum. NEISSON Soubwa est un ESB++ (2 ans) qui intègre la gamme permanente à 49% et 49,90€ – oui, je mets la virgule. La petite distillerie martiniquaise cisèle avec une folle minutie des élevés sous bois toujours remarquables.
A ce sujet, un troisième Neisson Profil Equilibre s’annonce en édition limitée. Et pendant que j’y suis, allez goûter la salve de ALL POSSIBLE DAIQUIRIS x Neisson chez Velier: de quoi servir 7 verres de daiquiri nucléaires (43€).
Mi-avril, on attend 4 single casks de VIEUX CLAIRINS: Sajous, Casimir et Vaval en compte d’âge 8 ans, vieillis en fûts de Caroni, et Le Rocher 9 ans en ex-tonneaux de Mount Gay. Il en faut toujours un qui se distingue.
Haïti toujours: un PROVIDENCE 3 ans 2022 (52,4%, 92€) sort en mai, mais on guettera le 5 ans (50%, 110€) qui arrive en juillet en plein chassé-croisé. What else? Une carafe Confluences chez TROIS RIVIÈRES, assemblages des millésimes 1977, 2000 et 2001 livré à 500 exemplaires (450€).
Et sinon? FRAPIN se risque sur la quadrichromie, et habille son emblématique VSOP d’un décor haut en couleurs, dont les détails renvoient à sa très ancienne histoire: la plume de Rabelais, le chai Eiffel, le château de Fontpinot, les vignes du domaine… Une édition limitée (8.000 bouteilles) au prix de la version classique. (Pssssstt! Mortel en Old Fashioned.)
FAIR prépare une liqueur de baobab (du Sénégal). Le PASTAGA de Version Française (LMDW) devient une marque à part entière et se sépare du VF et des sous-titres. La distillerie alsacienne MICLO revisite le Spritz avec une collection dédiée de liqueurs: Fleur de sureau, bergamote, citron-limoncello et spritz (environ 16€ chaque). On s’arrête là pour aujourd’hui? Allez. Cheers, on ne se perd pas de vue.



