Le point sur les lancements récents, les trends qui s’installent et les nouveautés en cours de sortie.
Il revient! Bowmore relance son Legend. Retour aux fondamentaux, aux bouteilles qu’on ouvre, qu’on partage, auxquelles on reste fidèle. Premiumisation oblige, cette superbe entrée de gamme livrée à un prix soyeux (moins de 25€) et disponible en grandes surfaces avait disparu des rayons. Mais les temps, comme le football, ils ont changé. Et nos porte-monnaie ont rétréci comme peau de ouin-ouin.
Petit bonus si vous en avez ras la frange des vieillissements/finishes en fûts de sherry poussifs et mal intégrés (on fonde un club?): Legend, avec son fruité délicatement fumé, mûrit exclusivement en fûts de bourbon. A part ça, la distillerie d’Islay en profite pour redesigner ses packagings et les passer du blanc au noir.
Islay toujours, autre retour (oui, cette chronique vous est offerte en rimes). Après quelques années d’interruption, Laphroaig 15 ans se repointe chez les cavistes. Yessss! A un prix – accrochez-vous à la rampe, vous n’êtes pas prêt – qu’on n’a pas vu depuis quinze ans au bas mot: 79€.
Est-on en train d’enterrer sans fleurs ni couronnes la stratégie d’über premiumisation qui en a détourné plus d’un du whisky, à commencer par les plus jeunes? Il semble que oui, et on revient bientôt sur le sujet, promis.
Islay, der. Bruichladdich vient d’éditer un 3e volume de son iconique Yellow Submarine, version 14 ans. Je vous le mentionne pour info, puisqu’il est déjà en rupture de stocks: RDV sur les sites d’enchères.
Je vous en parlais en avant-première pas plus tard que y a pas longtemps. Elles sont arrivées: les 2 éditions limitées Kyrö x Game of Thrones. Deux whiskies de seigle, made in Finland, “nés dans un sauna”, insiste la distillerie – mais avec 12 saunas par habitant (j’exagère à peine), on voit mal pourquoi ils auraient vu le jour dans la maison des dragons ou plus prosaïquement dans un alambic.
Fire, affiné en fûts de rhum, est fumé, alors que Blood, plus light et céréalier, ne l’est pas. Fun fact: la presse finlandaise, pour une fois, a pu annoncer la sortie des 2 ryes. Les médias nationaux, en temps ordinaire, n’ont pas le droit de promouvoir l’alcool de quelque manière que ce soit. Mais dans ce cas précis, c’est de l’info, coco!
En Ecosse, le moulin à rumeurs laisse entendre qu’un “très, très vieux” Balvenie pourrait apparaître une fois l’été passé… Autant vous prévenir: je ne me suis pas sentie obligée de vérifier.
Brown Forman a annoncé stopper la production dans sa distillerie irlandaise de Slane Castle. Pour une durée indéfinie.
On reste en Irlande, sur une note positive cette fois puisque Connemara, l’emblématique tourbé de l’île d’Emeraude, vient de présenter Gold. Fruité, floral, avec ses notes de poire fraîche, ce nouveau single malt accueille la fumée avec plus de parcimonie que le reste de la gamme. Dispo en grandes surfaces à moins de 24€.
Un court survol du whisky français? La prochaine édition Armorik Deiz fera claquer un compte d’âge 15 ans, dont 11 passés en fûts d’armagnac Dartigalongue. Pour l’étiquette, la distillerie bretonne Warenghem a fait bosser une artiste du cru.
Sortie lors des Armorik Deiz, comme son nom l’indique. Si vous êtes vers Lannion entre le 24 et le 26 juin, joignez-vous aux festivités et aux expériences (sur réservation): dégustation en mer à bord d’un voilier (because accroché à une bouée dans les vagues, c’est pas si simple de tenir une copita), visite de la distillerie, de la tonnellerie et/ou de la nouvelle micro-brasserie, dîner autour du whisky, etc.
Cap sur les Alpes. Pour la fête des pères, le Domaine des Hautes-Glaces vient de lancer un “rye à papa” confidentiel (60 bouteilles): un whisky dont le seigle est issu de la parcelle Vulson, moisson 2016, vieilli en fûts roux de cognac puis longuement affiné dans un ex-fût de sauternes, le n°1555 qui lui donne son nom.
Pour l’occasion, chaque bouteille peut être gravée et personnalisée sur demande. Une très chouette idée de cadeau mais je n’ai pas vu passer le “malt à maman”. Pour la Fête des mères, on faisait quoi, dans le Trièves? On tressait les paniers de fleurs?
Avis aux professionnels de la profession: les inscriptions pour les French Drinks Awards, la déclinaison française des World Drinks Awards, sont ouvertes. Amis producteurs, vous avez jusqu’au 12 juin pour envoyer vos échantillons, qui seront dégustés à l’aveugle par 24 experts français reconnus (plus d’info ici).
Les lecteurs connaissent mon peu de goût pour les concours de spiritueux, mais je suis bien humblement obligée de constater qu’ils ne le partagent pas puisqu’un macaron de médaille autocollé sur une bouteille, s’il émane d’une compétition reconnue, en augmente mécaniquement les ventes et la notoriété.
Les producteurs de fines gnôles aux quatre coins du pays et aux six coins de l’Hexagone sont cordialement invités à concourir dans 14 catégories (whisky, cognac, armagnac, rhum, calvados, vodka, gin, no-low, liqueurs & co). Et on se retrouve le 25 septembre, en teasing du Whisky Live Paris, pour la révélation du palmarès. Bonne chance à toutes et à tous.
Puisque je suis sur le Whisky Live… Bon, je n’ai pas le droit d’en parler, mais les heureux détenteurs d’un pass VIP auront potentiellement l’occasion de déguster, lors d’une master class ouverte à 40 personnes, plusieurs versions anciennes d’un des Graal des collectionneurs: la Chartreuse.
Une séance historique, n’ayons pas peur des mots. Et je m’arrête là histoire de ne pas finir écartelée en place publique sur l’esplanade de la Villette. Mais on s’en reparle après l’été.
On termine par un peu de rhum? Matusalem présente le deuxième volume de sa luxueuse trilogie “Sublime”: Kiku, du nom d’une fleur japonaise. Que vient faire la botanique nippone dans l’histoire du rhum cubain exilé en République dominicaine? Un joli clin d’œil au finish de deux ans en fûts de saké junmai, qui pose un point final au vieillissement tendance usine à gaz.
La carafe cristal assemble des jus élevés 20 ans en solera à d’autres vieillis 10 ans en statique dans des barriques de sherry, le tout passé plus de deux ans en tonneaux de grands crus de bordeaux avant le second affinage. Série limitée à 13 exemplaires en France.
Le mot de l’été: expérience. Ne dites plus: “Je vais prendre un Spritz en happy hour avec des potes ce soir” mais: “Je m’apprête à vivre une expérience de partage autour de l’amertume en terrasse à l’heure où les mouettes se fondent dans le couchant”. Le résultat est le même, n’ayez crainte. Mais entre-temps, vous aurez permis à des services marketing entiers de phosphorer, avec un plaisant sentiment de plénitude.
Photo ouverture: ©Jim Hill / Flickr.com



